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Revue de presse - Phorevox : Un défi technologique pour apprendre le français

Revue de presse - Phorevox : Un défi technologique pour apprendre le français

Publié le 1er octobre 2012

Pour l’instant, les voix de synthèse manquent de subtilité dans les intonations pour bien faire apprendre le français. Le projet Phorevox veut réussir à combler cette lacune.

Phorevox débouchera sur un site internet qui permettra de faire des dictées sur un ordinateur, avec une voix de synthèse qui fait des liaisons comme la maîtresse d’école, dit « virgule » quand il y a une virgule, marque les pauses, etc. Le logiciel proposera ensuite d’autres exercices à l’élève pour améliorer ses points faibles. Cela pourra porter sur la grammaire, la conjugaison, la ponctuation, l’ordre des mots...
« Une des difficultés du projet, explique Olivier Boeffard, de l’Irisa, un labo de recherche de l’Enssat, c’est d’avoir des voix variées avec une juste prosodie (inflexion, ton, tonalité, intonation). Pour l’instant, une voix de synthèse capable de lire un poème dans le ton, ça n’existe pas. Ensuite, l’outil devra savoir suivre la progression de l’élève, lui proposer des exercices pertinents. Apporter le bon ton et coller aux besoins seront les deux innovations. »

« Passer du français oral à l’écrit »

Dix à quinze chercheurs vont travailler à ce sujet pendant deux ans. Trois laboratoires de recherche et deux entreprises sont impliqués dans ce projet que l’ANR (Agence nationale de la recherche) soutient en apportant la moitié des 900 000 € du budget de recherche sur deux ans. L’entreprise lannionnaise Voxygen apportera ses compétences en matière de production de voix de synthèse. La start-up grenobloise Zeugmo arrive avec sa plateforme web Orthodidacte qui permet déjà d’améliorer son orthographe, avec des exercices variés (QCM, puzzle, phrase à trou...), un suivi de la progression, etc., mais sans voix de synthèse travaillée finement.

« Ce sera un outil pour apprendre à passer du français oral à l’écrit. Il s’adressera à des enfants du cycle 2 (grande section, CP, CE1). Ce ne sera pas un substitut à l’enseignant, mais il apportera à l’enfant une aide pour travailler par lui même des points précis. Pour valider les attentes des enseignants et des enfants, le rectorat nous accompagne et nous allons travailler avec des écoles des environs », explique Thierry Moudenc, président de Voxygen. Avec 60 000 écoles primaires en France, il y a des débouchés potentiels.

Le CREAD (Centre de recherche sur l’éducation, les apprentissages et la didactique, basé à Rennes et Brest) et le LLF (Laboratoire de linguistique formelle, à l’Université de Paris VII) sont deux des trois laboratoires de recherche, le 3e étant l’IRISA de l’Enssat, qui vont se pencher pour trouver les bonnes méthodes d’acquisition du français écrit à partir de l’oral par cet outil.

L’ambition dépasse l’apprentissage du français aux enfants de primaire. Les personnes maîtrisant mal le français, les étudiants étrangers en France et les étrangers apprenant le français dans le monde (« 1,2 million de personnes ») sont aussi ciblés par ce projet, soutenu par le pôle Image et réseaux, réunissant entreprises privés et labos de recherche publics. Et quand Phorevox réussira à lire dans le ton juste des milliers de dictées, on ne sera déjà plus très loin de la lecture de livre entier. « Faire bien lire de la littérature à une voix de synthèse, cela reste très difficile, le rythme peut changer entre le début et la fin d’une phrase », tempère Thierry Moudenc.

Source : Ouest-France, 1er octobre 2012

 
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